Quand la peur n’empêche pas l’action

Pour lire le début de l’histoire, c’est par ici.

Cette peur au ventre je la connais bien, depuis le temps. Elle me fait trouver des excuses pour ne pas avancer, me dit d’attendre d’avoir un calendrier rempli de séances avant de sauter le pas. Elle me rappelle chaque jour ce que je risque si je me lance : le manque d’argent qui m’empêcherait d’offrir à mes enfants la vie que je veux pour eux, sans avoir à se soucier

de ce qu’il y a dans le frigo ou dans leur penderie.

Mais à ce stade de ma vie, cette peur n’est plus suffisante pour me stopper. Parce que trop c’est trop. Et comme pour chaque être humain, ce n’est que lorsque ça devient un vrai problème qu’on trouve les ressources pour se dépasser. Et les ressources, je sais qu’elles sont là. J’ai bossé sur moi, j’ai fait grandir mes compétences, je sais ce que je veux vivre.

 

Il n’y a plus qu’à

Mais prendre la décision est une chose, m’engager à la tenir en est une autre. Alors je sors de ma tanière et de ma zone de sécurité, et j’annonce progressivement à mon entourage ma volonté de passer à temps plein sur mon activité d’hypnose. Je suis prête à faire face à leurs doutes et jugements, tout simplement parce que je sais ce que je veux, et ce que je vaux. Ça peut paraitre prétentieux dit comme ça, je le reconnais. Pourtant, ces cinq dernières années professionnelles m’ont laissées le temps de définir quelle accompagnante je voulais être, et aussi laquelle je ne voulais surtout pas devenir. Et je me connais suffisamment pour savoir celle que je peux être. Les épreuves des années précédentes participent à définir précisément qui je suis. J’ai appris à accepter mes fonctionnements, à faire face mes zones d’ombres. Et à les considérer désormais comme de véritables forces. Et ça doit se sentir, puisque personne n’émet le moindre doute face à ma décision.

"Nothing is impossible for those who try"

Sauf que …. je n’ai pas encore choisi ma date de départ. Choisir l’année  c’est bien beau, mais ça laisse le choix entre douze mois. Je tarde à me poser pour y réfléchir. Décidément, dans cette histoire  – et pour beaucoup d’autres aspects de ma vie – je sais souvent ce que je dois faire, et je repousse le moment. Procrastination (ou peur) quand tu nous tiens. Et quand enfin je m’y mets, ça prend très peu de temps. C’est même tellement logique que c’en est ridicule d’avoir repoussé l’échéance si longtemps.

 

Sauf que …. je n’ai pas encore prévenu les premiers concernés : les collègues que je vais quitter. Là encore, je remets à plus tard. Et il faut qu’on me demande de me positionner sur un projet futur pour que je n’ai plus d’autre choix que de parler. L’annonce surprend. Et même si j’évoque depuis longtemps l’idée de partir, la concrétisation étonne. C’est marrant d’observer les différentes réactions : ceux qui sont tristes que je parte, ceux qui me trouvent courageuse, ceux qui m’encouragent. Les attitudes cadrent parfaitement avec les caractères et les histoires de vie de chacun. Mon choix vient activer les leurs, ou leur absence de choix. Ce que certains considèrent comme du courage, pour moi c’est de la survie : ce serait bien plus courageux de rester dans un travail alimentaire qui ne m’épanouit pas, que d’aller vers là où je me sens à ma place.

 

Sauf que …. il reste encore une étape à franchir, et pas des moindres. Obtenir une rupture conventionnelle, seul moyen de partir avec un peu d’argent. Je sais que mon départ ne posera pas plus de problème que ça dans mon équipe, mais il faut que la direction accepte cette sortie-là, et c’est une autre paire de manche. Bien sûr que je peux tout simplement démissionner, mais à part du temps et un peu de stress, qu’est-ce que ça coûte de tenter ma chance ? Au mieux, je pars avec une prime. Au pire, la démission est toujours une option. C’est souvent comme ça que je prends mes décisions : imaginer chaque possibilité, et pour chacune, tirer le scénario jusqu’au pire du pire. Et voir lequel est envisageable, et lequel ne l’est pas. Ça permet de sortir de l’émotionnel, et aussi des dystopies. J’ai beau aimer ce style-là dans les romans et les films, ça ne colle pas trop avec la réalité. Tout comme l’utopie d’ailleurs.

Je rédige donc mon courrier. Nous sommes en mai, je compte partir au 1er septembre. Sur le papier, je suis largement dans les temps.
Mais ça, c’est sans compter sur notre belle administration française …

 

 

A suivre

 

 

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