Émotion : Amie ou Ennemie ?

Vos vieux amis, vous les connaissez bien. Autant leurs qualités que leurs défauts. Vous savez comment leur parler, ce que vous pouvez attendre d’eux, en quoi ils peuvent vous aider.  Vos ennemis, vous vous en méfiez. Vous imaginez le pire venant d’eux. Vous êtes sur la défensive, prêt.e à réagir au moindre signe annonciateur de problème.

Et si vous avez face à vous un ami et un ennemi qui se comportent exactement de la même façon, ce qui va changer, c’est vous. Vos réactions face à un mot de l’un seront très différentes de vos réactions face au même mot de l’autre. Y avez-vous déjà pensé ?

En d’autres termes, ce qui détermine ce que vous faites n’est pas lié à la personne qui vous fait face. C’est lié à votre état d’esprit par rapport à cette personne. Ce qui veut dire, que si vous avez envie que ça change, ça ne dépend que de vous. Ce ne sera pas facile, non, mais personne ne peut le faire pour vous.

 

 

Quel rapport avec les émotions ?

Vous avez une émotion de prédilection. Vous savez, c’est celle qui s’exprime en premier, que vous connaissez, par cœur. Alors non, elle n’est pas confortable, ce n’est pas ça. C’est plutôt que vous avez l’habitude de la ressentir. Elle fait presque partie de vous.

Avec le temps, elle aussi est devenue une vieille copine, ou bien votre pire ennemie. Dans les deux cas elle est là, mais vous ne la vivez pas de la même façon., même si elle s’exprime exactement pareil dans les deux cas.

La glace contre le feu

Prenons un exemple : la colère

Elle, c’est mon émotion de prédilection. Je suis passée par plusieurs phases avec elle.

D’abord une phase d’indifférence, à l’adolescence. Je n’avais pas conscience qu’elle prenait autant de place. C’était une colère rentrée, qui s’exprimait davantage sur mon visage fermé et dans mon regard qu’à travers des mots. Et lorsqu’elle sortait, c’était sur un ton acerbe, des sarcasmes. Elle ne me gênait pas, ne m’empêchait pas de me sentir bien dans mes baskets. Elle était là, plus ou moins régulièrement, et si personne ne m’en avait fait la réflexion, elle me serait passée inaperçue. Ma colère n’était pas un problème pour moi, elle l’était surtout pour les autres.


C’est lorsque je suis devenue mère que cette émotion a commencé à être un véritable sujet. Elle s’exprimait fortement dans cette période-là où je me cherchais. Et j’ai eu peur qu’elle me dépasse, et qu’elle me fasse faire du mal à mes enfants. A cette époque, je l’appelais la Bête, comme quelque chose d’enfoui en moi, qui prenait le contrôle de moi. Ma pire ennemie. Et il m’était insupportable de constater son emprise sur moi. Je n’ai pas eu d’autre choix que de réagir pour que ça change.


J’avais juste envie qu’elle s’arrête, qu’elle me laisse en paix, et j’ai tenté mille et une choses pour la faire taire. En vain, c’était comme jeter de l’huile sur le feu. Alors j’ai fini par accepter une autre approche. Je n’avais rien à perdre de toutes façons, aucune de mes tentatives n’était efficace.

J’ai ainsi pu aller la rencontrer cette Bête. L’observer, apercevoir ce qu’il se cachait derrière elle. J’ai compris qu’elle n’était pas celle que je pensais. Qu’elle n’était que la messagère de quelque chose de bien plus important. Et qu’au lieu de regarder le message, jusque-là je ne faisais que me battre avec cette messagère.


Aujourd’hui je la ressens encore la colère, mais je sais désormais l’écouter. Je ne la subis plus, au contraire. Je profite de l’énergie qu’elle me donne pour agir. J’ai appris à la considérer comme une amie qui vient me dire qu’une limite a été franchie, et que je peux me repositionner pour changer ça.

Le seul souci qu’il reste avec cette émotion, c’est qu’elle est tellement rapide et automatique, qu’elle grille la priorité à d’autres. La peur et la tristesse sont là aussi, mais cachées derrière une bonne couche de colère. Un peu comme un rempart de protection autour de ce qui me rend vulnérable.

Vous, comme moi, n’avez pas choisi votre émotion de prédilection, ni même la façon dont elle s’exprime. 

Mais vous l’avez compris, rien n’est définitif.


Alors, quelle relation avec votre émotion de prédilection, amie ou ennemie ?

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